Informations législatives - mars 1998
IDDA-Infos n°182
PERSONNES
HANDICAPEES - RETRAITE - ASSURANCE VIEILLESSE.
Réponse à la question écrite Sénat n°
1512 du 17 juillet 1997 de M. Rohert-Paul Vigouroux: Age de la retraite
des handicapés.
IDDA publie ci-dessous le texte intégral de la question et de
la réponse.
Question :
M. Robert-Paul Vigouroux attire l'attention de Mme le ministre de l'emploi
et de la solidarité sur la situation des travailleurs salariés
handicapés, titulaires de la carte d'invalidité au taux
minimum de 80%. En effet, ces travailleurs ont assumé toute leur
vie une activité professionnelle source de fatigue supplémentaire
et de problèmes de motricité. De ce fait, certains d'entre
eux, relevant du régime général et comptant souvent
plus de trente années de cotisations, souhaiteraient faire valoir
leur droit à la retraite dès l'âge de cinquante
ans. En l'état actuel de la législation, seuls certains
régimes spéciaux tels que EDF et la RATP bénéficient
de telles dispositions. Pour ces raisons il lui demande de faire étudier
par ses services l'impact financier que représenterait une telle
mesure de solidarité envers ceux qui, malgré leur handicap,
ont toujours eu à coeur de participer à la vie de la nation.
Réponse :
Le ministre de l'emploi et de la solidarité n'ignore pas que
parmi les personnes handicapées un certain nombre ont exercé
au cours de leur vie une activité professionnelle source de fatigue
supplémentaire. D'ores et déjà, différentes
dispositions en matière de sécurité sociale tiennent
compte de la situation de ces personnes. Les personnes handiapées
exerçant une activité professionnelle et dont l'état
de santé conduit à une réduction voire à
la cessation de cette activité peuvent demander la révision
du montant de la prestation dont elles bénéficient (allocation
aux adultes handicapés) voire un changement de catégorie
(pension d'invalidité) autorisant ainsi une augmentation de la
prestation qui leur est servie. Dans le cadre du régime général,
les personnes handicapées bénéficient en tout état
de cause à soixante ans d'une pension de vieillesse liquidée
au taux plein quelle que soit leur durée d'assurance du fait
de la reconnaissance de l'inaptitude au travail. Les conditions médicales
de l'inaptitude au travail sont par ailleurs plus souples que celles
retenues tant pour l'attribution d'une pension d'invalidité que
pour l'attribution d'une allocation aux adultes handicapés. En
outre, il convient de rappeler que, s'agissant plus particulièrement
des bénéficiaires de rentes d'accident du travail ou de
pension d'invalidité, les périodes de perception de ces
avantages sont assimilées à des périodes d'assurance
pour l'ouverture et le calcul des droits à pension de vieillesse
du régime général. Enfin les personnes reconnues
inaptes au travail peuvent bénéficier dès l'âge
de soixante ans, sous réserve de la condition de ressources,
du minimum vieillesse, par dérogation au dispositif de droit
commun qui prévoit son attribution à compter de l'âge
de soixante-cinq ans. Compte tenu de ces dispositions et par ailleurs
de la situation financière des régimes de retraite, il
parait peu envisageable d'abaisser l'âge de la retraite, même
pour une catégorie déterminée, la France étant
l'un des pays où l'âge de départ en retraite est
le plus bas d'Europe. Il convient cependant de souligner qu'il existe
des conventions de préretraite progressive qui permettent à
un salarié âgé d'au moins cinquante-cinq ans de
voir transformer son emploi à temps plein en emploi à
temps partiel. En contrepartie de cette réduction d'activité,
ce salarié bénéficie d'une allocation de préretraite
progressive versée par l'Assedic. Par ailleurs, le dispositif
de cessation anticipée d'activité (ARPE) mis en place
par les partenaires sociaux lors de l'accord du 6 septembre 1995 et
renouvelé le 19 décembre 1996 permet le départ
des salariés âgés d' au moins cinquante-sept ans
et demi et totalisant 160 trimestres et plus de cotisations aux régimes
de base d'assurance vieillesse. Les bénéficiaires de cette
mesure perçoivent jusqu'à soixante ans une allocation
de remplacement égale à 65% du salaire mensuel moyen brut
des douze derniers mois. Une extension éventuelle de l'ARPE fait
actuellement l'objet d'une étude approfondie de la part des partenaires
sociaux gestionnaires de l'Unedic et du ministère de l'emploi
et de la solidarité.
JO S(Q) n° 46 du 4 décembre 1997.